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Lomé
10 mai 2022
Le Nouveau Reporter

Cop 15 Abidjan 2022 : un humain sur deux souffre des impacts de la dégradation des terres

La Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) a ouvert sa 15e Conférence des Parties (Cop 15) à Abidjan en Côte d’Ivoire le lundi 9 mai 2022. La sécheresse et la désertification sont des problèmes réels aggravés par la crise climatique et la destruction de la biodiversité. Au-delà des rencontres internationales, il est urgent que l’on puisse y trouver des solutions idoines afin d’inverser la tendance.

La désertification est un phénomène qui affecte les zones sèches partout dans le monde. Les estimations de la superficie totale des zones sèches touchées par la désertification varient considérablement selon la technique utilisée pour les calculer et le type de dégradation des terres considéré.

Cependant, les récentes estimations s’accordent toutes sur le fait qu’au moins un tiers de la superficie des terres émergées du globe, soit environ 4 milliards d’hectares, est menacé de désertification, ce qui mettrait plus de 250 millions de personnes en situation précaire. Bien que la désertification soit un enjeu planétaire, elle touche certaines zones plus que d’autres.

Aujourd’hui, 319 millions d’hectares en Afrique sont menacés de désertification en raison de l’avancée du désert. D’après l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le désert se déplace à un rythme annuel de 5 km dans les zones semi-arides d’Afrique de l’Ouest. La zone du Sahel, le désert du Kalahari et la corne de l’Afrique sont particulièrement touchés.

Le projet pharaonique de la Grande muraille verte qui devait permettre de reverdir cette immense région du continent africain, afin de repousser le désert qui menace désormais même les pays côtiers, peine à se concrétiser.

Cela fait des années qu’on en parle, en dehors des grandes conférences et des promesses de financements, l’on ne voit pas grand-chose sur le terrain. Certains pays comme le Togo, prennent des initiatives et ils ont raison. Le taux de couverture forestière dans notre pays n’atteint pas 30%.

Cela veut dire que plus de 70% du territoire national n’est pas couvert de végétation. On ne le dit pas souvent assez, mais, ce taux est très faible. Et si rien n’est fait pour renverser la tendance, l’avenir de notre pays pourrait être compromis. La région des Savanes, et un peu les régions de la Kara et Centrale vivent depuis longtemps des épisodes de sécheresse. La pluviométrie est devenue très instable partout au Togo.

Les causes de la désertification sont essentiellement liées aux actions de l’Homme : la déforestation ; la surexploitation des sols et le surpâturage par le bétail (exploitation excessive des ressources végétales d’une surface) ; l’absence de jachère dans le cycle des cultures, entrainant une désertification agricole ; l’épuisement des nappes phréatiques ; l’exploitation minière. Cela veut dire qu’en faisant une bonne éducation à l’environnement et en prenant également des mesures coercitives, il est possible de venir à bout du phénomène.

Les conséquences sont tout aussi importantes. Les conséquences environnementales sont : appauvrissement des sols ; dégradation des écosystèmes et de la biodiversité ; diminution de la capacité de stockage du carbone dans les sols et accentuation du réchauffement climatique ; raréfaction des ressources et pénuries d’eau.

Voici maintenant les conséquences socio-économiques : augmentation de la pauvreté ; dégradation des conditions de vie ; insécurité alimentaire (famines) ; inégalités d’accès aux ressources naturelles ; migrations des populations ; conflits, apparitions de maladies. Selon les Nations unies, 50 millions de personnes pourraient être déplacées dans les 10 prochaines années en raison de la désertification.

« La sécheresse désagrège les sociétés, détruit l’économie, ravage la nature ; Tandis qu’un humain sur deux souffre des impacts de la dégradation des terres. Mais, il existe des solutions », a déclaré Ibrahim Thiaw, secrétaire exécutif de la CNULCD lors de louverture de la Cop 15. Selon la FAO, Les femmes subissent fortement les effets de la désertification au Sahel et en Afrique de l’Ouest, notamment en ce qui concerne l’accès à l’eau.

Les solutions à la désertification sont essentiellement liées à la restauration des écosystèmes. C’est le lieu de rappeler que nous sommes dans la Décennie des Nations unies pour la restauration des écosystèmes. L’Objectif de développement durable numéro 15 (ODD 15), dispose encore dune marge de 8 années pour espérer connaître un petit succès.

Edem Dadzie

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