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Lomé
29 septembre 2022
Le Nouveau Reporter

Environnement: le Togo, un œil vigilant sur les terres dégradées dans les Savanes et la Kara

Le projet de gestion durable des terres et des écosystèmes semi-arides du Nord du Togo, officiellement lancé ce 4 août 2022 à Lomé vise, après l’approbation, à sauver les terres dégradées dans les Savanes et la Kara et ainsi permettre la restauration de 59.000 hectares de terres dégradées, vulgariser les bonnes pratiques de gestion durable sur au moins 37.000 hectares, développer les techniques améliorées de gestion sur 429.000 hectares d’aires protégées, réduire 13.216.197 tonnes de carbone.

Selon « L’UNION » dans sa parution N°1568 du 09 Août 2022, avant cette étape, le processus de formulation du document de projet a commencé le 25 mars 2021, le projet lui-même soumis au Fonds pour l’environnement mondial (FEM) pour financement, qu’il a approuvé le 7 juin 2022 lors de la session de son conseil d’administration.

Ce nouveau projet touchera plus de 128 000 bénéficiaires dont 60% de femmes et va précisément couvrir les régions des Savanes et de la Kara. Il a une durée de cinq ans et est cofinancé par le Fonds pour l’environnement mondial, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et l’État togolais pour un montant total de 8 600 000 dollars US, soit environ 5 milliards de francs Cfa. Il a quatre composantes que sont le renforcement des capacités et du cadre politique favorables à la neutralité en matière de dégradation des terres et de la biodiversité, la gestion durable des terres, des forêts et de la conservation de la biodiversité, l’amélioration des conditions de vie et des moyens de subsistance agro-pastoraux dans les paysages des zones sèches et la gestion des connaissances et le suivi-évaluation sensible au genre.

Au lancement, le PNUD a réaffirmé son soutien dans la mise en œuvre du projet. Son représentant résident adjoint, Mactar Fall, a remercié le gouvernement togolais pour la qualité du document de projet, qui a milité à son financement. Le ministre Foli-Bazi Katari, lui, rappelle que les défis de restauration des terres dégradées restent énormes et il faut passer à la vitesse supérieure même si le pays a fait des efforts dans la restauration des paysages forestiers, avec les multiples projets en cours ou déjà exécutés. Il n’a pas manqué de faire le lien avec l’initiative actuelle du reboisement intensif.

Aussi le ministre a-t-il réclamé que l’unité de gestion du projet (basée à Kara) s’investisse afin que les objectifs du projet soient atteints pour le bonheur des populations rurales tout en promettant que le gouvernement va continuer à mobiliser les ressources pour restaurer les terres dégradées des autres régions que sont la Maritime, les Plateaux et la Centrale.

Au Togo, les terres incultes sont évaluées à 23 490 hectares par an, soit 4% du territoire. La dégradation des terres est due aux effets conjugués des changements climatiques, à l’utilisation excessive des engrais chimiques non appropriés, aux coupes anarchiques des arbres, aux mauvaises pratiques agro-sylvopastorales, à la dégradation des berges des cours d’eau, aux feux de végétation, à la transhumance, au régime foncier, à la démographie, etc.

D’où ce projet va réduire la pauvreté et permettre aux agriculteurs d’augmenter leurs rendements et améliorer leur productivité. Le Togo se fixe comme cible principale de restaurer à l’horizon 2030 au moins 80% des terres dégradées (soit 187 920 hectares) et limiter à 2% (soit 108 802 hectares) la dégradation des terres non encore dégradées en vue de renforcer la préservation des écosystèmes terrestres par rapport à la situation référence de 2010.