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Lomé
23 juin 2021
Le Nouveau Reporter

Génération restauration : attention à ne pas en faire uniquement un slogan !

Le 5 juin dernier, c’est avec enthousiasme que nous sommes rentrés dans la Décennie des Nations unies pour la restauration des écosystèmes. Mais, face à l’immensité de la tâche qu’il y a à accomplir et avec les difficultés qui pourraient surgir, telles des barrières infranchissables, il ne faudra pas que cette proclamation reste à l’étape d’un simple slogan.

L’environnement mondial a suffi de graves dommages. À l’occasion de la Journée mondiale des océans, l’on rappelait encore avec amertume que chaque année 8 millions de tonnes de plastiques sont déversés dans les océans, sans compter la pollution pétrolière, les produits dangereux et des déchets de tout genre. La biodiversité marine est suffisamment altérée, les océans continuent de s’acidifier, la montée des eaux avec sa conséquence direct qu’est l’érosion côtière, avance.

En 2017, près de 30 millions d’hectares de forêts ont disparu dans le monde, ce qui équivaut à la superficie de l’Italie. La désertification et la dégradation des terres se poursuit. Les rapports successifs du Groupe intergouvernemental des experts sur l’évolution du climat (Giec) et de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), inquiètent.

Il est possible d’inverser la tendance selon les scientifiques, mais la tâche est immense. Il va falloir s’appliquer, aller vite et être discipliné. En matière de reforestation, il faut planter 1200 milliards d’arbres pour absorber les 2/3 du CO2 émis par l’Homme depuis le début de l’ère industrielle. Cela va nécessiter 9 millions de Km2 soit la superficie des Etats-Unis d’Amérique. Au Togo, selon la feuille de route gouvernementale, l’on veut reboiser 1 milliards d’arbres d’ici 2030.

Cette année seule, les Togolais doivent reboiser 10 000 000 d’arbres. Or actuellement, la pluviométrie est très déficitaire. Et ce n’est pas le seul problème. Partout sur la terre, ceux qui sont conscients du problème et qui souhaitent agir ne sont pas très nombreux. Une bonne partie de la population mondiale est indifférente. Elle préfère s’occuper du quotidien en oubliant que lorsque la planète ne pourra plus fournir le nécessaire pour notre survie, leur quotidien n’aura plus aucun sens.

Il faut donc inverser la tendance notamment par l’éducation à l’environnement et la conscientisation des populations, notamment des jeunes. Ainsi, à la fin de la Décennie, on pourra brandir des résultats. Sans quoi, la Décennie des Nations unies pour la restauration des écosystèmes pourrait connaitre le même sort que plusieurs autres programmes. Il y a par exemple les objectifs d’Aichi pour la protection de la biodiversité, qui en dix ans n’ont rien donné.

Cet article est rédigé en collaboration avec l’Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD), organe subsidiaire de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et l’Initiative jeunesse de lutte contre les changements climatiques rendue possible grâce au soutien financier du gouvernement du Québec

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