Récépissé N° 0010/HAAC/12-2020/pl/P

Obsèques de Patrick Lawson : un bel hommage de Bawara, une polémique déplacée

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L’hommage rendu ce weekend par le ministre  Gilbert Bawara de la Fonction publique à son ami Patrick Lawson, peu avant la conduite de ce dernier à sa dernière demeure alimente une polémique presque incompréhensible, à la limite dépourvue d’humanisme. Sur la toile, dans des discussions informelles au sein de l’opinion, des passions se déchainent comme si nous étions à la veille ou lendemain d’une élection présidentielle dans notre pays. Il n’en est pourtant rien. Mais avant cet exercice, Gilbert « l’ami intime et petit frère de Patrick » n’ignorait pas combien il était périlleux d’aller sur un terrain aussi glissant. Tant et si bien qu’il n’a pas manqué, de le signaler dans le préambule de ses propos.

« Il n’est pas aisé, dans notre société togolaise, de se livrer à l’exercice auquel j’ai voulu et décidé de m’atteler en ces circonstances douloureuses, en portant publiquement témoignage de l’amitié et de la proximité qui me liaient à Patrick. Nous avons bien trop souvent tendance à nous enfermer dans les certitudes de nos vérités, voire, parfois, à magnifier le mensonge, la duplicité et l’hypocrisie. »

Mais c’était insuffisant pour faire taire justement l’éloge à l’insincérité, à la duplicité, à la fourberie, etc.

Et la polémique s’est retrouvée là où on l’attendait pile.

En vérité, à analyser de près le fond de la pensée de ceux qui donnent de la voix et nourrissent de tous les feux d’artifice cette polémique, il est reproché au ministre Gilbert, certes un adversaire politique de Patrick, mais l’un de ses meilleurs amis voire confidents, d’avoir été sincères, francs, d’avoir fait une descente profonde dans les cavités de ses veines pour aller chercher des mots qui pourraient traduire presque à l’identique ses sentiments (même si nous sommes bien dans l’ordre de l’indicible ou de l’ineffable). Avouons que ce n’est pas aisé. Mais Bawara l’a fait, il l’a tenté. Et on ne peut guère reprocher à quelqu’un dans ces conditions d’avoir tenté…..

Les hommages aux défunts ou les oraisons funèbres ont ceci de particulier qu’ils donnent pratiquement à vivre, comme une autre cérémonie dans le déroulement du rituel funéraire. Et cela par le ton, l’intonation, des anecdotes les plus croustillantes, des faits qu’on va chercher loin et qui tillent, le style, etc.

Quoi de plus normal que de porter publiquement, malgré les adversités des convictions, un hommage tout sincère à u  homme qui a « rarement affiché une attitude de désobligeance, de défiance, ou d’outrance, à l’égard de celles et ceux qui incarnent les institutions de le République et l’autorité de l’Etat. »

Quoi de mieux que d’exprimer toute sa « douleur » et sa « tristesse » et de saluer « la dignité et l’honneur d’un homme simple, qui s’est illustré par son abnégation. » Et de rappeler selon les mots de Gilbert qu’ « Il avait accepté et enduré la privation et les sacrifices qu’ici comme ailleurs, ailleurs comme ici, la vie politique, les combats et la lutte politiques, peuvent réserver à celles et ceux qui s’y dévouent sans attendre en retour une quelconque récompense, des avantages, ou la moindre gloriole. »

Quoi de plus normal, que de saluer le dévouement des uns et des autres au moment de la maladie de l’illustre disparu.

Quoi de plus normal…..

En tout cas cette polémique sur fond de politisation d’un hommage, d’une oraison d’un Togolais à son ami, à son frère n’a pas que le mérite d’attrister les Togolais qui aspirent vivement et profondément à une fraternisation des sœurs et frères de leurs pays, par-delà les considérations ou les appartenances à des chapelles politiques, religieuses, sociales ou autre. Mais, elle masque mal la haine incurable de certains politiques, non seulement envers leurs adversaires, mais aussi envers leurs propres frères du même bord politique.

Patrick Lawson a beau milité dans un camp politique autre que celui de Gilbert Bawara, il a toute sa vie œuvré a rassemblé tout ce qui est épars, il a été l’incarnation du rassemblement, de la tempérance, de la pondération….Autant de qualités qui lui vaut cet hommage, cette célébration, cette attention, autant de qualités de l’homme qui méritent d’être enseignées et inoculées à bien des amis de Patrick.

Il est besoin de rappeler à certains hommes politiques togolais qu’il est des situations de la vie qui obligent à se plier et à privilégier tous les arguments humanistes possibles en se détachant complètement de toute velléité belliciste.  L’homme moderne, mieux, ‘’l’homme civilisé’’ pourrait ainsi trouver son salut dans la communion des cœurs et des esprits, cette ambition chère à Jean-Jacques Rousseau dans sa quête de paix universelle à laquelle il consacra toute sa vie, comme Patrick Lawson !

Paix à son âme !

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Le Nouveau Reporter
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