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Lomé
14 août 2022
Le Nouveau Reporter

Paludisme : s’achemine-t-on enfin vers une vaccination efficace en Afrique ?

Depuis quelques années, des essais étaient en cours en ce qui concerne le vaccin contre le paludisme. L’on apprend que l’Alliance pour le vaccin (GAVI) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) vont ouvrir la voie à une campagne de grande envergure.
Gavi, l’Alliance du vaccin, vient d’ouvrir une procédure permettant aux pays de demander un financement et un soutien pour le déploiement du nouveau vaccin sur le continent africain. Selon l’OMS, il s’agit d’un « financement historique » pour étendre le déploiement en Afrique du tout premier vaccin antipaludique RTS, S/AS01 (RTS, S). Ce soutien international de Gavi, évalué à près de 160 millions de dollars américains, est réparti sur la période allant de 2022 à 2025.
Il permettra d’améliorer l’accès au vaccin pour les enfants exposés à un risque élevé de maladie et de décès dus au paludisme, en commençant par le Ghana, le Kenya et le Malawi. Ces trois pays africains, qui ont lancé la phase pilote de l’introduction du vaccin en 2019, sont invités à déposer leur candidature avant le 13 septembre. Les autres pays peuvent soumettre une manifestation d’intérêt en prévision d’un deuxième guichet à la fin de l’année 2022.
« La mise au point d’un vaccin contre le paludisme a été longue et difficile. Aujourd’hui, nous entamons un nouveau chapitre : ce nouvel outil qui vient s’ajouter aux interventions existantes, va nous permettre de sauver encore plus de vies dans les pays les plus durement touchés par cette maladie meurtrière », a déclaré dans un communiqué le Dr Seth Berkley, directeur exécutif de Gavi.
Depuis sa toute première introduction en 2019, les communautés africaines ont bien accepté le premier vaccin antipaludique après un temps relativement court. À ce jour, environ 1,3 million d’enfants ont bénéficié de ce vaccin dans les trois pays pilotes d’Afrique. Selon l’OMS, là où le vaccin a été introduit, on a pu observer une baisse considérable du nombre d’enfants hospitalisés pour cause de paludisme grave, de même qu’une baisse du nombre de décès d’enfants dans la tranche d’âge visée par le vaccin.
L’accès du sérum à tous demeure toutefois un défi. Comme c’est le cas pour beaucoup de nouveaux vaccins, la disponibilité du vaccin antipaludique est limitée, en attendant que la production du vaccin s’accélère. « Mais nous aurons besoin d’un approvisionnement accru en vaccin pour que l’Afrique puisse profiter des avantages de cet outil supplémentaire de lutte contre le paludisme », a fait savoir la Professeure Rose Leke, spécialiste de la lutte antipaludique à l’Université de Yaoundé (Cameroun) et coprésidente du groupe d’experts de l’OMS.