Récépissé N° 0010/HAAC/12-2020/pl/P

Togo / Métier: éboueur, Agama Kodjo raconte son “calvaire” quotidien

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Difficile mission pour ces jeunes gens, ramasseurs d’ordures ménagères encore appelés éboueurs ou ripeurs. Agama Kodjo en est un. Aperçu dans son état, (son haillon usé mais avec une énergie et une vigueur au travail), dans la périphérie de Lomé plus précisément dans les alentours de la nouvelle cité Mokpokpo située à Amadahome entrain d’exercer son métier sous un soleil d’enfer, ce dernier ne recule devant aucun déchet. Malgré tous les risques possibles qui entourent ce métier, Agama Kodjo s’accroche chaque jour au travail.

C’est en plein exercice de son métier que nous l’avons abordé, alors qu’il exhortait les ménages à bien entretenir leurs poubelles éparpillées pour lui faciliter la tâche. Approché, il raconte son quotidien qui est loin de donner à pavoiser.  

Un travail peu réjouissant. Mais c’est leur quotidien, en tant qu’éboueurs d’effectuer l’enlèvement à domicile des ordures ménagères de quartiers en quartiers. De les charger ensuite dans une camionnette et de traverser parfois de longues distances pour aller les décharger.

C’est un métier qui accumule toute sorte d’inconforts à savoir, travail répétitif et dans une puanteur perpétuelle, déplacement à bout de bras derrière leur véhicule, exposition aux intempéries et canicules, et des horaires extrêmes à l’aube ou encore dans la soirée. Pire, Ils sont mal vus, pourtant ils contribuent au bien-être de la population.

Agama Kodjo est âgé de 34 ans, il exerce le métier il y a maintenant 5 ans. Recruté par une société de la place, il touche un salaire mensuel de 35 000F CFA. Ce père de famille de 2 enfants, (Sitsopé 5ans en classe de Cp1 et Bagna 3 ans), dénonce les conditions difficiles dans lesquelles il travaille contre son salaire qu’il juge “insuffisant”.  

“J’ai opté pour ce travail parce que je n’ai rien trouvé d’autre à faire. Pas facile à faire, sans équipements de protection (pas de gants, pas de cache-nez…) nous courons tous ces risques pour 35 000 F CFA et ça ne suffit même pas. Parfois nous sommes obligés de faire des prêts auprès de nos responsables et à la fin du mois, il ne reste plus rien”. Il ajoute:  “c’est mieux que d’aller voler. Comment faire? C’est aussi un travail, et c’est toujours une personne qui le fera même si les gens le traite de “sale” besogne “.

Face à cette situation, Kodjo dit également qu’après le ramassage des poubelles ou déchets il est obligé maintenant de parcourir des kilomètres pour les transporter vers le site “aménagé”. Ce qui fatigue de plus. “Avant, on emmenait les ordures ramassés à Yokoè. Il y a quelques mois, nous sommes chassés par les riverains de la localité qui se plaignent à cause du débordement des ordures. Maintenant nous sommes obligés de parcourir toutes ces distances avec tous les risques de la route pour Noèpé ou Aképé “, s’est-il plaint.

Il confirme qu’ils sont souvent refoulés par les filles qu’ils essayent de draguer à cause de leur travail.

Eboueur, un secteur exclusivement masculin? Devenir éboueur à Lomé, est quasiment compliqué pour les femmes, estime notre interlocuteur. Pourtant, elles sont largement majoritaires dans le secteur du nettoyage domestique et des routes. L’exclusion des femmes du secteur  s’explique donc par le fait que ce secteur s’est construit en un « bastion masculin » et surtout que si l’idée de charger et de décharger des poubelles n’a pas bonne image, avance-t-il par ailleurs.

Le travail des éboueurs est certes pénible et difficile et une organisation bien huilée autour du travail pourrait aider à soulager un peu la peine de ces derniers. Tout porte à croire que demain n’est pas la veille  et c’est le lieu d’inviter les pouvoirs publics et les acteurs du secteurs à s’organiser pour réguler le domaine afin qu’il participe aux objectifs écologiques auxquels il se prête.

Le Nouveau Reporter
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