Récépissé N° 0010/HAAC/12-2020/pl/P

Les belles lettres africaines perdent le patriarche Djibril Tamsir Niane

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Un patriarche de la littérature négro-africaine vient d’abandonner la course de la vie. Il était l’un des derniers gardiens du temple – s’il en est – qui veillait encore d’une certaine manière sur ces belles lettres africaines, mieux, cette fameuse « bibliothèque » dont parlait son contemporain Amadou Hampâté Bâ.

L’historien et écrivain guinéen Djibril Tamsir Niane a en effet tiré sa révérence dans la matinée du lundi 08 mars 2021, à Dakar alors qu’il était âgé de 89 ans.

Engagé pour la cause et la libération de l’Afrique, il a marqué tout son passage dans l’histoire de ce continent. Un engagement inlassable qui lui a d’ailleurs coûté trois ans d’emprisonnement au camp Boiro construit à l’époque coloniale en Guinée.
Contraint après sa libération, à l’exil au Sénégal, il poursuit sans relâche son œuvre de collecte et de transcription du récit des griots au sein notamment de l’Institut fondamental d’Afrique noire. « Il faut connaître le passé pour agir en commun, l’amour du pays n’existe que par la connaissance de l’histoire », aimait-il dire.

Djibril Tamsir Niane est une figure universitaire majeure de l’Afrique contemporaine. Auteur de plusieurs ouvrages dont le plus célèbre « Soundjata ou l’épopée mandingue », devenu un classique de programmes scolaires, est aussi spécialiste de l’histoire du mandingue, de l’Empire du Mali au Moyen Âge en particulier. Et a également participé à l’écriture de l’« Histoire générale de l’Afrique » sous l’égide de l’Unesco, selon plusieurs sources médiatiques. Il était sinon le plus grand et célèbre des historiens guinéens. Avec une grande douceur et d’une voix presque envoûtante, Djibril Tamsir Niane savait conter comme personne : « L’épopée du Mandingue ».
Djibril Tamsir Niane a assuré son immortalité à travers tant d’ouvrages laissés pour la postérité et pour le bien du continent.

« Ceux qui sont morts ne sont jamais partis / Ils sont dans l’Ombre qui s’éclaire/ Et dans l’ombre qui s’épaissit/ Les Morts ne sont pas sous la Terre / Ils sont dans l’Arbre qui frémit, / Ils sont dans le Bois qui gémit,/ Ils sont dans l’Eau qui coule,/ Ils sont dans l’Eau qui dort,/ Ils sont dans la Case, ils sont dans la Foule / Les Morts ne sont pas morts… », chantait si bien son autre contemporain Birago Diop. Alors, rien que la force de ces vers suffit à rassurer ceux qui aimaient Djibril Tamsir Niane qu’il n’est pas mort. Il vivra éternellement de génération en génération par le truchement ses écrits.

Le Nouveau Reporter
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