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Lomé
30 novembre 2020
Le Nouveau Reporter

Couvre-feu : la CNDH déconseille à la force anti-pandémie l’usage de la violence

La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a mis en place un observatoire dont le rôle est de répertorier toutes les allégations de violation des droits fondamentaux de l’homme en cette période de couvre-feu, décision annoncée par les pouvoirs publics pour limiter le risque de propagation du coronavirus. Dans une interview accordée à gapola.net, la présidente de la commission, Nakpa Polo a prévenu la force spéciale.

Bien qu’elles « restreignent les droits et libertés des populations », la CNDH salue tout de même « ces mesures qui se justifient par la gravité de la situation sanitaire ». Mais, rappelle-t-elle, « elles sont temporaires ». La CNDH « a mis en place un observatoire chargé de répertorier toutes les allégations de violations des droits de l’homme en lien avec la gestion de l’état d’urgence sanitaire afin de faire des recommandations à l’Etat pour une meilleure protection des droits de l’homme en cette période d’exception ».

Violation des droits de l’homme

En cette période, « par rapport aux allégations de violation des droits de l’homme, la CNDH les a apprises à travers les réseaux sociaux et elle a été saisie par les Organisations de défense des droits de l’homme (ODDH). Aussitôt, l’observatoire a entrepris des investigations. A la date du 30 avril 2020, neuf (09) cas d’allégations de violation des droits de l’homme imputés à la force spéciale mixte anti-pandémie covid-19 ont été enregistrés, sur lesquels l’observatoire a fait des interventions ».

En résumé, « il a procédé à des auditions et a rencontré les personnes concernées ou leurs familles, ainsi que certaines autorités sécuritaires, notamment le commandant de la force spéciale mixte anti-pandémie covid-19, le vendredi 17 avril 2020. La CNDH avait déjà saisi le ministre de la Sécurité le jeudi 16 avril 2020 pour le cas de Dévikèmé afin que les mesures idoines soient prises pour identifier et sanctionner les auteurs conformément à la loi et que la victime soit prise en charge ».

Pour éviter que ces incidents ne se reproduisent, la CNDH invite « la force spéciale mixte anti-pandémie covid-19 à poursuivre sa mission avec professionnalisme et à éviter de recourir à la violence. A l’endroit de la population, la CNDH voudrait l’inviter au strict respect des mesures barrières prises par le gouvernement pour limiter la propagation du virus et à se conformer aux exigences de l’état d’urgence sanitaire, en particulier le couvre-feu ».