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Lomé
30 novembre 2021
Le Nouveau Reporter

Le Togo se prépare à un colloque sur la lutte contre la corruption dans la commande publique

La corruption ! Tout le monde en parle, tout le monde s’en indigne. unanimement tout le monde dénonce cette pratique qui ralentit à tous égards le développement économique et contribue à l’instabilité gouvernementale dans nos pays en sapant les institutions démocratiques. Malgré cela, le phénomène gagne chaque jour un peu plus du terrain, il règne quasiment en maitre absolu dans certains services dans nos pays. Au juste, qui est alors corrupteur et qui est alors corrompu ? Sommes-nous tous corrompus, sommes-nous tous corrupteurs ? La question se pose depuis des années avec acuité. Mais, bien loin d’une réponse adéquate, nous assistons presque chaque année, à des révélations troublantes. Particulièrement au Togo, une affaire de détournement présumé de 500 milliards dans le secteur pétrolier défraie actuellement la chronique ; bien avant cette dernière, une affaire de détournement supposé de 600 millions lié à la participation du Togo à la CAN 2017 avait agité l’opinion, sans un verdict qui ait pu situer l’opinion. Un autre dossier qui n’a pas fait moins couler encre et salive, reste celui de la gestion des fonds alloués pour la réhabilitation du tronçon Lomé-Vogan-Anfoin, travaux lancés depuis fin janvier 2014, mais toujours en cours….Autant d’affaires qui n’ont jamais connu d’épilogue, de sorte qu’à l’énoncé du mot « corruption » au Togo, le citoyen lambda sursaute et en rit.

Et quand le monde universitaire se propose de traiter la question de la corruption, peut-on nourrir des espoirs ? Un colloque sur la « lutte contre la corruption, éthique et déontologie dans la commande publique » est en effet annoncé pour se tenir le 8 décembre prochain à Lomé. Organisé par l’université de Lomé et l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP), ce colloque a pour objectif d’analyser les spécificités des dispositifs de promotion de l’éthique et de lutte anti-corruption des Etats de l’Uemoa et l’efficacité de leur mise en œuvre. La rencontre réunira les universitaires, des acteurs de la commande publique, des représentants de formations politiques, des représentants d’organisations professionnelles, et du secteur privé.

Vers des solutions idoines ?

Il sera question pour les participants de suggérer des approches de solutions à mettre en œuvre pour remédier aux faiblesses constatées, de rechercher et partager les histoires à succès dans le domaine sous forme de partage de bonnes pratiques et expériences.

Une initiative, louable somme toute, qui se tient dans le sillage de la volonté des autorités togolaises tendant à moraliser la vie publique.

Espérons que cette rencontre puisse doper l’énergie et la force des institutions comme la Haute autorité de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées (Haplucia), la Cour des Comptes, etc. pour se saisir définitivement de leur prérogatives pour aider l’opinion à se faire, une fois pour de bon, sa religion sur tant d’affaires présumées qui n’ont jamais été soldées, laissant la porte ouverte à toutes sortes d’interprétations.