28 C
Lomé
8 mars 2021
Le Nouveau Reporter

Tourisme : connaitre Sokodé à travers sa culture mosaïque et multiforme

Principale ville de la région Centrale, Sokodé est le chef-lieu de la préfecture de Tchaoudjo et se trouve à 340,6 km de Lomé. Pendant l’époque précoloniale, elle fut un carrefour commercial sur la route du cola entre le Ghana et le Bénin. Sokodé est la ville du Togo où la population est majoritairement musulmane et est réputée pour l’artisanat, le commerce et ses grandes mosquées.

Deuxième ville du Togo après la capitale Lomé, Sokodé, ville de 95 070 habitants, est connue pour l’art du tissage, une activité très prisée par les artisans. Destinés à fabriquer les vêtements quotidiens des habitants, les pagnes des tisserands servent également à coudre les tuniques et les grands boubous brodés que portent, les jours de fête, les chevaliers Tem. Si le secteur artisanal de Sokodé est caractérisé par de nombreux corps de métiers, le tissage représente plus de 35% de l’activité. Le poids et le dynamisme du secteur de l’artisanat sont d’importants leviers de l’économie locale et contribuent de façon significative aux ressources au niveau de la ville et du pays.

Sokodé abrite d’importants évènements qui concourent à la promotion du secteur de l’artisanat et des arts populaires, parmi lesquels la Foire internationale de Sokodé, la Foire artisanale du Togo ou encore des évènements annuels telles que la fête du Gadao-Adossa. La dénomination Gadao-Adossa est l’expression commune pour désigner deux grandes fêtes dont Gadao pour les Tem, et Adossa pour la communauté de Didaouré. Sokodé accueille également le Groupement interprofessionnel des artisans du Togo (GIPATO), un centre de formation national des tisserands, qui forme actuellement de nombreux apprenants sur de nouvelles méthodes de tissage de pagnes et de vêtements traditionnels.

Les hommes portent de grands boubous et les femmes le voile au-dessus de magnifiques tenues très colorées. La vie est organisée autour des chefferies traditionnelles qui font encore aujourd’hui autorité sur les TEM. La musique et les danses locales ne se rencontrent nulle part ailleurs au Togo. Lors du festival du couteau, les rues se remplissent de musique et de danses traditionnelles. La région est également riche en artisanat, le tissage est l’une des principales activités.

Enfin la région regorge de marchés hauts en couleurs tels que celui de Tchamba ou de Sokodé.
La réserve de Fazao-Malfakassa propose une très belle biodiversité. Sokodé est la ville avec la plus forte proportion de musulmans au Togo. 70% de la population est musulmane et les 30% restants sont chrétiens, pour la plupart catholiques. Sokodé abrite le peuple Tem et la plupart des habitants de Sokodé parlent le kotokoli (ou tem). L’ethnonyme Kotokoli est le nom qui a été donné à ces locuteurs par les commerçants du Niger Bend. De nombreuses autres langues sont parlées au Togo, notamment l’ ewé , la langue dominante du sud, et le kabyé , langue dominante de la région de Kara , plus au nord. Les langues Kotokoli et Kabyè sont étroitement liées.

La région de Sokodé est caractérisée par un réseau dense de rivières et un relief vallonné. Les deux principaux fleuves sont le Kpondjo et le Kpandi, qui se jettent dans le Na qui à son tour alimente le fleuve Mono. La frontière entre les bassins versants du Mono et de la Volta est située à quelques kilomètres au nord de la ville.

L’économie à Sokodé est dominée par les transports, le commerce et l’artisanat. Il y a peu d’activité industrielle, comme l’égrenage du coton et la transformation du sucre.
Les agriculteurs cultivent principalement du maïs, du manioc, des ignames, du poivre et des haricots, et de nombreux jardiniers et agriculteurs vivent à la périphérie de Sokodé. Ils ont des troupeaux de vaches dans les champs. Pendant ce temps, les Peuls nomades passent fréquemment près de Sokodé, avec leurs troupeaux de zébus en route entre le Burkina Faso et le Nigéria.

Les légumes sont cultivés surtout le long des rivières Kpondjo et Inusayo. La plupart des zones agricoles sont des plaines inondables, les producteurs commençant la culture après la saison des pluies.

La culture est dominée par la danse «Gadao-Adossa-Kosso» qui est le principal festival de Kotokoli. Elle se compose de trois jours de festivités, du vendredi au dimanche. Célébrée la veille d’Adossa, la fonction de Gadao est de remercier les ancêtres pour les récoltes abondantes. Adossa, ou le Festival des couteaux, est un rite d’initiation provenant de guerriers Semassi qui démontrent leur force et leur courage en faisant face à des défis physiques. Le lendemain, c’est Kosso, le Festival des femmes, au cours duquel les femmes dansent dans le stade municipal de la ville de Sokodé.

Lire aussi: https://www.lenouveaureporter.com/ecotourisme-un-site-pionnier-va-rehausser-leclat-du-paysage-montagneux-de-lakebou/