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Lomé
5 août 2020
Le Nouveau Reporter

L’Unesco contre le trafic illicite de biens culturels en provenance d’Afrique

De faux documents arborant le sigle de l’Unesco sont utilisés par de faussaires pour écouler des statuettes sans valeur sur le marché international de l’art. Saisie, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture réagit. Elle met en garde les auteurs de ces forfaits qui, semblerait-il, proviennent de l’Afrique de l’Ouest.

Les cas d’escroquerie et de trafic illicite de biens culturels en provenance d’Afrique, réalisés sous le couvert de faux documents se multiplient. Certains même portent le nom des responsables de l’Unesco et sont accompagnés de faux papiers d’identité.

« Ces pseudo-certificats varient dans leur contenu. Ils peuvent attester de l’exportation légale de l’œuvre ou de sa non-appartenance au patrimoine protégé. D’autres vont jusqu’à assurer de l’authenticité, voire de la valeur financière. Le montant des dommages n’est pas négligeable, puisqu’il peut aller de quelques milliers à plusieurs centaines de milliers d’euros. Une victime a perdu 800 000 € pour un lot de sculptures du Cameroun, une autre 125 000 € », dénonce La gazette drouot. Les contacts s’établissent via les réseaux sociaux, en ciblant les internautes sensibilisés à l’Afrique, indique-t-il.

Selon le chef de service chargé des enquêtes au siège de l’Unesco à Paris, Cédric Bourgeois, L’Organisation chargée de la culture ne délivre de document attaché à un bien culturel en vue de sa commercialisation. « C’est une situation que j’ai vue se développer depuis deux ans à peu près », a-t-il confié.

La pratique se serait répandue en Afrique francophone, à partir du Cameroun. Elle se poursuit et même s’intensifie. Des réseaux ont été démantelés et certains auteurs sont aux arrêts.

Les escrocs adaptent leur offre à chaque interlocuteur. « Dans un cas, la personne contactée s’intéressait davantage à la culture du Mali qu’à celle du Cameroun et donc, il lui a été proposé des objets maliens. 95 % de ce trafic porte sur des statuettes, mais on a vu aussi apparaître des masques pour ceux qui exprimaient leur intérêt » raconte Cédric Bourgeois.

L’Unesco appelle toute personne sollicitée à ne pas donner suite et à signaler toute tentative d’escroquerie aux autorités de police et de justice.